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Ouagadougou : Ils vendent des œufs pour payer leurs frais de scolarité

SOUSTITRE

mercredi 25 septembre 2019, par Cissé

La rentrée des classes est proche. Et de nombreux élèves se reposent en attendant le jour-J. Cependant, ils sont nombreux dans la ville de Ouagadougou, ces élèves qui font de petits boulots dans l’optique de pouvoir s’acquitter de leurs frais de scolarité cette année. Parmi les activités menées par les vacanciers, il y a la vente d’œufs de pintade, très prisés par les Ouagalais.

Il est 19h40. Nous sommes à l’échangeur de Gounghin, à Ouagadougou. Sur le trottoir, il y a des vendeurs de chaussures, de fruits mais aussi d’œufs de pintade. Ils sont jeunes. Nous nous approchons d’eux pour échanger, mais ils sont méfiants. Après 30 minutes de négociation, deux d’entre eux finissent par se confier. C’est d’abord le plus âgé du groupe qui s’essaie à l’exercice. R. Kiendrébéogo doit entamer la classe de terminale à la rentrée prochaine. Comme job de vacance, il a opté pour la vente d’œufs de pintade. Selon lui, les Ouagalais sont très friands de ces œufs.

« Les gens préfèrent les œufs de pintade parce qu’ils sont naturels. Ils disent qu’il y a des vitamines dans ces œufs. D’autres viennent acheter les œufs pour les mettre dans les couveuses, afin de faire de l’élevage », explique l’élève-commerçant. Mais si R. Kiendrébéogo vend des œufs, c’est d’abord pour décharger ses parents des multiples dépenses liées à la rentrée scolaire. Chaque vacance, il devient commerçant d’œufs afin de « payer les fournitures ».

L’un des cadets du groupe, K. Harouna, est âgé de 17 ans et passe en classe de 5e. A la question de savoir pourquoi il vend des œufs, il répond : « Pour payer ma scolarité ». Issu d’une famille de trois enfants, dont un père cultivateur et une mère commerçante, l’adolescent affirme que ses parents manquent de moyens financiers pour assurer ses frais de scolarité. Vivant dans la ville de Koudougou, il vient chaque année à Ouagadougou à partir du mois de mai jusqu’à la reprise des cours, dans l’objectif de se faire de l’argent. « Si je reste au village pour cultiver, on ne pourra pas payer mon école. J’ai vendu les œufs l’année passée et c’est comme cela que j’ai pu aller à l’école », confie-t-il.

Vendre des œufs de 7h à 23h

Les vendeurs d’œufs de pintade affirment qu’ils peuvent se faire un bénéfice allant de 500 à 2 000 francs CFA par jour. Le prix des œufs varie en fonction de la saison. Le tas de 14 œufs est vendu à 1 000 F CFA. Quand les œufs se font moins abondants, 1 000 franc CFA donnent droit à 11 œufs. Selon R. Kiendrébéogo, les œufs sont plus abondants au mois d’août. Et pour se procurer le produit qui leur permettra d’assurer leur rentrée scolaire, ils se rendent dans les villages. Les localités de Tihou, Tita et Bourou sont leurs principaux centres d’approvisionnement.

Peu de temps après l’entretien avec ces jeunes battants, une voiture stationne. Il s’agit d’une cliente. Elle accepte d’échanger avec nous, mais en gardant l’anonymat. Elle dit acheter ces œufs pour plusieurs raisons. « C’est pour d’abord encourager ces enfants. Aussi, ce sont des œufs locaux ; c’est nourrissant pour les enfants. Je suis très régulière, chaque deux jours je suis là. Les œufs de pintade sont très bons », confie la cliente. Néanmoins, elle déplore le prix proposé par les vendeurs. « C’est un produit local, ils doivent revoir le prix », lance-t-elle.

Ces élèves vendeurs d’œufs sont sur le trottoir de Gounghin tous les jours entre 7h et 23h. Malgré les dangers liés à la circulation, ils se faufilent entre les voitures et les motos pour servir les clients. Leur rêve, terminer leurs études et exercer plus tard un métier plus rentable. K. Harouna, lui, veut devenir commerçant après ses études.

En attendant la reprise des cours, ces petits commerçants se tuent à la tâche pour amasser le plus d’argent possible.

Samirah Bationo (stagiaire)
Lefaso.net

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